histoire équatoriale




Voici le début de l’histoire. A vos stylos, proposez-moi des suites et des fins ! 

Le 20 octobre

“Bonjour Pah

Où es-tu ?

Mahdi a pu me donner ton adresse avant que la police le convoque au poste.

Élie va bien. Nous sommes chez Françoise, tu sais, la doc. Ça va !

Où est M’bah ? On ne sait rien. Elle nous manque. Je dors avec Élie pour stopper ses cauchemars. C’est pas facile parce qu’il donne beaucoup de coups de pieds. Tu peux me répondre chez Mahdi. J’ai le double de sa clef de boite à lettres. J’y passerai tous les soirs après les cours.

Je t’aime, Pah !

Raph

Le 25 octobre

Raphou

C’est bien. Tu tiens le coup. Je rentrerai quand ils auront trouvé celui qui nous a fait tant de peine. Je suis content de vous savoir chez Françoise. Je lui revaudrai ça dès que possible. On mange bien chez elle.

Les journalistes, les flics ne vous embêtent pas trop ? Et vos copains ?

Je me débrouille. Vous me manquez.

Pa

Cette  journée avait mal commencé.

Élie était fiévreux. Il pleurnichait. Advil. Il a grignoté sa tartine. Le quad ne voulait pas démarrer. M’bah râlait. Elle serait en retard. Elle arriverait après les pirogues. Ce n’était pas une vie. La directrice devait arriver la première à l’école…L’étincelle a jailli à mi-pente. Je n’entendais plus M’bah et Élie se détendait dans mon dos.

Les pirogues accostaient, multicolores, quand je garais la moto. Encore une fois, sur le fil, juste sur le fil, le cérémonial de chaque jour était lancé.

Et moi ?

Je remontai à la maison, en passant par la poste.

Une lettre de la DRAC : « Monsieur…, nous sommes au regret de ne pouvoir donner suite à votre projet… » Les chiens ! Mon arrêt de mort ! L’arrêt de mort de « la lanterne magique », celui de Gérald, de Mahdi, de Renan. Les chiens !

Et comme l’avant-veille, un tout petit paquet, à peine un colis. Je le glissai dans ma poche sans l’ouvrir. Je verrai plus tard. Je pensais bien qu’il contenait, comme le précédent, un peu de poussière d’or, ainsi qu’une moitié d’allumette.

Les chiens de bureaucrates ! Voilà comment ils détruisaient les rêves et la vie…

Très mauvaise nuit. Très agitée. Un hamac n’est pas fait pour les insomniaques. Ce qui m’agitait ? Le désir, le désir du fleuve. Et l’appréhension. Pourrais-je repartir ? 

J’avais très tôt voulu rendre au fleuve ce qu’il m’avait donné :

provoqué par le sentiment d’une présence forte, matoise. « viens ici si tu peux ». L’occasion de rencontres avec des êtres humains hors du commun, aux codes opaques, sur lesquels je m’interroge encore. Et que j’admire. Comme le fleuve, ils m’ont toujours intrigué. La présence, les regards coulissants, la méfiance dépassée, la rencontre et l’échange. Je ne pourrai jamais trouver les mots exacts pour rendre ces sensations, ces sentiments ; j’aurais voulu pouvoir les éprouver, les éprouver sans cesse.

Le 02 novembre

Pah

On n’a pas vu les journalistes.

Toujours chez Françoise qui ne sait plus comment calmer Élie qui pleure trop souvent et qui ne mange pas beaucoup. Il ne veut plus aller à l’école. Sans M’bah ! Il dit que les gamins disent des choses pas vraies. Il peut pas dire lesquelles.

Mercredi dernier, Élie et moi on a été convoqués au poste de gendarmerie. Avec Françoise. Ils nous ont demandé si on était bien tes enfants. Et ceux de M’bah. On a dit oui tous les deux. Élie a encore pleuré. Le gendarme qui nous interrogeait a tapé longtemps sur son ordinateur. Et puis, il a demandé si on savait où tu étais. On a dit non. Françoise aussi.

Le 15 novembre

Raph,

Ne t’étonne pas d’avoir si peu de nouvelles. Je ne peux pas relever mon courrier tous les jours. Je vis dans la forêt avec des orpailleurs brésiliens. Nous nous comprenons pour le travail. Par gestes.

Je suis bien ennuyé pour Élie. Il est petit. Il va oublier vite. Change-lui les idées. Joue avec lui.

Je compte sur toi, mon grand

Pa qui t’aime

Elie ne veut plus aller à l’école.

L’école…

J’ai longtemps eu affaire avec l’école. Je me demande si je ne la regrette pas, déjà.

L’école laïque et obligatoire, à l’orée de la forêt !

 Je vois encore arriver ces enfants par pirogues entières. Le flash des couleurs dans la lumière du matin : au-dessus du bleu sombre du fleuve que fend la pirogue, le brun luisant des membres sur lequel se détache l’orange des gilets de sauvetage. Leur joie à tous quand ils reconnaissent la pirogue du cinéma, la grande pirogue.

Les têtes bien dessinées des garçons et des filles qui se tendent vers l’écran où s’agitent Kirikou et Karaba, certaines fois. Au début, je devais faire des rappels à l’ordre. Ils ignoraient qu’au cinéma on ne parle pas.

Certains, les plus petits s’endorment à même le sol.

Pour ces petits miracles, que d’angoisses !

Pourvu qu’il n’y ait pas de coupures de courant !

Pourvu que le groupe électrogène ne nous lâche pas ! Et si la lampe grillait ? Oubliée la dernière bobine ? Les ai-je bien rembobinées ? Je me réveillais la nuit, trempé de sueur, le cœur battant. Avec toujours les mêmes appréhensions : les sous pour la pirogue, pour G. et M., les sous pour les copies, la révision du matériel, les sous pour l’essence, pour continuer cette galère. Pour ces montées d’adrénaline au départ d’une étape, au montage du projecteur, au règlement du son. Pour ces bouffées d’exaltation quand la pirogue glissait sur la surface lisse du fleuve, quand le film défilait devant une salle attentive et bruissante.Et si les problèmes n’étaient pas là ? Et si nous faisions de mauvaises rencontres ? Le petit jour m’apaisait. Ce serait comme tous les autres jours : on devrait se battre avec le fleuve, avec le matériel, comme bien souvent. Bien conscients que le flux du fleuve demeure infiniment plus fort que celui du film, plus fragile, plus faible, plus flageolant. Faire en sorte que le flux du film égale celui du fleuve. Rêves ! Le flux des rêves (qui entraîne celui des films qui se nourrissent d’eux) égale, sans doute pour moi, celui du Maroni.

Le 30 novembre

Pah,

Moi non plus, je n’ai pas pu aller chez Mahdi prendre ta lettre. Mahdi est parti. Personne ne sait où. Les gendarmes aussi le cherchent. Ils posent des questions. A nous et à d’autres. Personne ne sait rien.

Ce n’est pas pour ça que je ne suis pas allé chez lui : j’ai la clef. C’est parce que j’ai remarqué un homme, à la sortie du collège. J’ai pensé qu’il était là pour me surveiller. Alors je suis rentré directement chez Françoise. Le lendemain, pareil. Mais, le lendemain, mercredi, non. J’ai foncé chez Mahdi. C’est là que j’ai appris par un de ses voisins, qu’il était parti. C’était mercredi midi. Le lendemain, jeudi, à nouveau un homme devant le collège. Et aussi le lendemain. Alors j’ai décidé la semaine d’après de rentrer directement.

Élie se calme un peu, ses nuits se passent mieux. Mais il ne mange pas beaucoup.

Je t’embrasse

Raph.

Le 08 décembre

Pah !

Aucune lettre de toi ! J’espère que tu vas bien, que ces Brésiliens ne t’ont rien fait. J’en ai toujours eu peur. M’Bah aussi, je me souviens.

Depuis que M’bah n’est plus avec nous, rien ne va plus.

Élie fait un séjour à l’hôpital. Il a eu de la fièvre. Comme il ne mangeait pas beaucoup et à cause aussi de son travail, Françoise a décidé que ce serait mieux. J’allais le voir après les cours. On ne m’a pas toujours laissé entrer. Je l’ai vu trois fois en tout. Ils l’ont retapé. Il est plus calme et il recommence à manger.

Bientôt Noël. Est-ce qu’on te reverra ?

J’allais oublier : Mémé nous a appelé au téléphone, chez Françoise. Elle parle de venir nous voir.

Bisous

Raph.

A mesure que la fatigue gagne, je n’ai plus le courage de lui répondre. Je pense qu’il faudrait que les deux m’oublient, nous oublient. Cette idée m’achève et je me jette sur mon hamac. Je ferme les yeux et j’évoque. Mon esprit court dans deux directions. La première : ma lointaine enfance.

Je me souviens des dimanches de mon enfance dans le vignoble nantais.

Du traintrain des dimanches matins décontractés. Et polarisés par les après-midi, par l’espoir du film qui nous happerait bientôt. On ne pouvait pas savoir à l’avance ce qu’il serait. Pourtant, chaque dimanche, des titres étaient annoncés par des bandes annonces. Mais on ne se souvenait plus de ce qui était programmé pour ce dimanche-là. On ne voulait pas se souvenir car on voulait être capté. Même si le titre avait été enregistré dans un coin de notre cerveau, même si on n’avait pas oublié les images percutantes de la bande annonce, on savait qu’il y aurait des surprises. Le décalage ordinaire entre la bande promotionnelle et son film nous permettaient de les espérer, avec émotion. Le flux de l’écriture est moins rapide que celui des images. Pourquoi ? J’ai rêvé que je rentrais au cœur d’une nuit sombre, avec des compagnons de café, dans une ville de province, dans un de ses quartiers non éclairé. On n’entendait que les pas de ceux qui nous entouraient. Tout à coup, un souffle, un frôlement : je tends les mains et j’embrasse un corps chaud et palpitant. Je le rapproche de moi, en m’arrêtant. Mes compagnons s’éloignent, indifférents. Je palpe doucement une femme qui murmure : « lâchez-moi, je suis vieille ».

Je me réveille assez pour savoir que je rêve. Et je me retrouve dans l’autre direction, sur le fleuve, glauque et bruyant du courant qui brise sur les rochers dont certains affleurent à peine.

Le 15 décembre

Pah !

J’espère que tu vas bien. Sans nouvelles de toi, sans M’bah, sans Élie, je ne me sens pas bien. Je n’ai même plus envie de rechercher Popov. Je ne sais plus à qui parler. .. Françoise essaie de temps en temps. Je vois qu’elle me regarde. C’est peut-être que Mme Gosselin lui a dit que je ne travaillais plus au collège. Je pense à toi, à M’bah, à Élie. J’ai mal au cœur.

Écris moi

Raph.

Trop de peine, mon esprit se réfugie dans mon passé proche. 

Parfois,  le passage des rapides de Hermina se faisait sans trop de casse.

A l’approche des zones de sauts, les appréhensions des piroguiers étaient sensibles dès le matin. Pas un bruit, sauf celui du moteur et le splash de la rame de l’homme de proue qui sonde la hauteur d’eau sans arrêt, prêt à lancer un cri : stop ! Approximativement une heure avant d’arriver à notre destination du jour, les remous s’accentuaient. Le régime du moteur se réduit alors, le rythme du rameur aussi. La pirogue racle le rocher. J’assure les bâches. Moteur coupé, nous descendons dans le lit du courant pour pousser la pirogue et son chargement entre deux roches. Ça passe. Mais les bords de la pirogue sont au ras de l’eau. Le ressac mouille le matériel, malgré ses protections. C’est la cata ! Enfin, sûrement. Impossible sur l’eau de savoir dans quelle proportion. Là aussi l’adrénaline monte, monte ! Et si tout était fichu ? Le flux du fleuve ayant anéanti le rêve, les rêves, les leurs et le mien.

Nous arrivions :

Démontage, essuyage, séchage des cosses et des puces ; vérification des contacts et des lampes, soudures…et, lancement de la projection, le soir. Décidément le dieu de la technique aura été plus fort que le mauvais génie du fleuve. Avec tous ces bricolages je n’avais pas de temps pour faire du rabattage pour la séance. Les visages tendus vers Matrix 3 ont été peu nombreux, mais très attentifs, transportés dans ce rêve de lumière. Alors ? L’essentiel était sauf, le matériel sauvé. Nous aurions des soirs meilleurs.

Papaïchton ! Je les retiens ceux de là-bas !

J’avais bien cru la séance compromise ! Pourquoi ? Pour une histoire de clé. Et de mauvaise volonté ! Deux séries de questions se posent à chaque accostage :

- comment vider la pirogue ? Quel moyen pour acheminer le matériel ? Un véhicule, une brouette ? Quand nous n’avons que nos bras, bonjour la galère ! C’est pour cela, entre autre, que nous sommes quatre. Encore faut-il mobiliser une remorque, au moins.

- Comment meubler la salle ou l’espace pour les spectateurs ? Sur quoi les asseoir ? Avec les enfants, cette question se pose peu. Ils s’installent par terre (et s’endorment, parfois). Mais, les adultes de la séance du soir, qui paient, doivent avoir une place assise.

A Papaïchton, nous ne pouvions répondre à aucune d’entre elles. Heureusement, nous étions arrivés la veille, dans la nuit. Combien il a fallu de négociations pour enfin obtenir, vers midi, les clés du tracteur et celles du local où étaient entreposées les chaises.

Providence, la bien nommée.

Notre relais routier sur le fleuve ! Nous y arrivions enfin ! Ta rumeur de fête nous exaltait tous, après cette navigation de nuit rendue possible par la lune. Nous nous étions faits piéger. Restés trop longtemps auprès de nos amis saramacas, nous avions mal apprécié le temps nécessaire pour atteindre Providence, avant la nuit.

Les piroguiers ont conclu ici un pacte secret, non dit. Pas touche à ma pirogue ! Je ne toucherai pas à la tienne. Car où mettre le fret, alors que nous nous reposerons devant une bière, à l’intérieur de l’établissement ? Aucun entrepôt, aucun garde. Nous débarquions, après avoir échoué sur la courte plage et aussitôt nous dirigions vers les lumières et la musique. Il y aurait bien quelques filles. Assurément de l’alcool et l’entrain des mecs qui font un boulot pas facile, entre eux, quand ils sont au repos.

Le 20 décembre

Merci Pah, d’avoir appelé.

Au moins je sais que toi tu es sur pieds.

Élie s’occupe des décorations de Noël. Il a repassé celles de Françoise, des années d’avant. Et il a du papier pour faire des guirlandes et couvrir les cadeaux. Je ne sais pas encore si Mémé va venir. Je ne sais pas si j’en ai envie. Elle va poser des questions. Qu’est-ce que je vais lui dire ? Je ne sais pas pourquoi on n’est plus ensemble tous les quatre. Je devrais dire tous les six parce que je pense à Nestor et à Popov, parfois. Qu’est-ce que je sais ? Qu’est-ce qui s’est passé ? Où est M’bah ? L’autre soir, j’ai posé la question à Françoise. Elle m’a pris les deux mains. Et elle m’a regardé. En s’avançant un peu, elle m’a pris dans ses bras. Et, on s’est assis. Et là, elle m’a dit : « Tu sais , ce n’est pas facile d’être une grande personne ».Je me suis laissé bercer, en me disant d’abord qu’elle ne voulait pas me répondre. Et puis après, je me suis dit qu’elle ne savait peut-être pas et que c’était dur pour elle aussi.

Je rêve : Demain, on embarque à l’aube.

La pirogue n’est pas encore chargée par crainte des vols. Sur le fleuve, ce sera différent. Encore que pas partout et pas pour tout. Il est évident que le projecteur ne serait d’aucune valeur. Mais le groupe électrogène ? Il faudra prendre des précautions ; ce ne sont pas des enfants de cœur. Chacun cherche sa vie sur ces territoires. Peu d’anciens bagnards…Ils sont plutôt autour de Cayenne. Surtout des descendants des nègres marrons, quelques populations amérindiennes. Les vrais maîtres du fleuves : les premiers, des as de la pirogue, sans laquelle toutes ces personnes seraient reléguées loin de la modernité ; les autres, maîtres des ressources essentielles de cette terre opulente mais dangereuse : le manioc et le hamac. Le manioc qu’il faut savoir transformer et traiter avant de le consommer, le hamac qui vous protège des moustiques et des bêtes fauves. Le carbet et son hamac, havres dans la forêt bruissante, toute proche. Au milieu et à l’abri pourtant. Au milieu des bruits : des chiens et d’autres animaux mal identifiés. Au milieu et au-dessus des bêtes dont on perçoit par moment, le frôlement et la piqûre. Dans quel état serions-nous sans les crèmes qui les repoussent ? Sous la clarté de la lune qui fait miroiter le fleuve, plus loin. L’un d’entre nous tousse, un autre change de position. Peut-être est-ce le même ? Malgré l’inconfort et l’incertitude, les membres bien fatigués s’engourdissent et le sommeil va finir par nous soustraire aux mystères de cette nuit équatoriale pour nous plonger dans ceux plus opaques de nos cauchemars.

Je rêve pour résister aux souvenirs que je m’efforce de refouler.

Je suis descendu en roue libre jusque chez Mahdi, au bord du fleuve. J’ai jeté un mot dans la boite aux lettres.

Je l’ai déposée, allongée sur le dos. Je l’ai recouverte d’une couverture. Mon sac à dos et nous sommes partis, après que j‘ai eu garé la moto dans la cour de Mahdi. Dans le petit matin, avant que les passagers du fleuve ne s’éveillent. La rive au soleil bruissait du chant des oiseaux, l’autre retenait des franges de brume. Le moteur ne faisait pas grand bruit.

Je ne voulais pas penser à nos deux enfants. J’étais parti pour eux. Ils n’auraient pas compris. Dans l’immédiat,je ne craignais rien pour eux : je savais que, tout naturellement ils iraient chez les voisins qui feraient le nécessaire.

Je remonterai seul le fleuve vers la zone interdite après avoir confié M’Bah à la terre équatoriale. Ma gorge se noua. Il fallait faire les choses et non pas les dire, pour s’en sortir, pour sortir de ce cauchemar qui nous avait piégé tous les deux, sans espoir de retour. M’Bah était morte. Je ne valais guère mieux.

Il ne fallait surtout pas remonter vers la source précise de ce cauchemar, si je voulais garder la raison. Mais, je ne pouvais rien contre la production de flashs sur mon écran interne. La tête de M’Bah sur l’oreiller, inerte et cireuse. Ses cris. et ses poings qui s’abattent sur mes mâchoires. Son odeur et son poids quand je l’ai portée dehors.

M’Bah, mon étai, ma femme. Que dire aux enfants ? La forêt, le fleuve. Nous fonçons sans espoir de retour.

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